Crise à l’Est de la RDC : Jean-Marc Kabund appelle à un dialogue inclusif et à une rupture avec la mauvaise gouvernance sur TV5MONDE

Invité de TV5 Monde le 19 février 2026, le Président de la CGC a exposé sa vision d’une sortie de crise fondée sur le dialogue, la responsabilité politique et la refondation de l’État.

2/20/20262 min read

Invité du Journal Afrique sur TV5 Monde ce jeudi 19 février 2026, l’Honorable Jean-Marc Kabund-A-Kabund, Président de la Coalition de la Gauche Congolaise (CGC), a livré une analyse ferme et sans détour de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Ancien Premier Vice-Président de l’Assemblée nationale et ancien cadre de l’UDPS, aujourd’hui à la tête d’une plateforme d’opposition, Jean-Marc Kabund a affirmé que la situation à l’Est « dénote clairement l’absence de l’autorité de l’État » et une désintégration progressive des mécanismes institutionnels.

Interrogé sur l’opportunité d’ouvrir des discussions politiques avec le M23, le Président de la CGC a recentré le débat : la véritable question n’est pas de savoir s’il faut dialoguer, mais pourquoi et pour quels résultats.

Selon lui, si l’objectif est réellement de restaurer la paix, il est impératif d’asseoir autour d’une même table tous les acteurs impliqués dans la déstabilisation de l’Est, y compris ceux qui constituent les perturbateurs directs de la sécurité. Refuser cette réalité reviendrait à entretenir l’illusion d’une solution partielle et inefficace.

Tout en dénonçant fermement le rôle du M23 et les accusations récurrentes d’ingérence étrangère, il a rappelé que la crise sécuritaire ne saurait être réduite à sa dimension militaire. « La guerre est un effet ; les causes profondes sont internes », a-t-il insisté, pointant la mauvaise gouvernance, la confiscation du pouvoir et la prédation des ressources nationales.

Jean-Marc Kabund a salué l’évolution du discours du pouvoir en place, désormais ouvert à l’idée d’un dialogue politique. Il y voit une avancée, tout en rejetant toute tentative d’imposer unilatéralement des « lignes rouges » ou des préalables restrictifs.

Pour la CGC, seule une médiation crédible et neutre pourra rapprocher les différentes sensibilités politiques et permettre l’émergence d’un consensus national. L’enjeu, selon lui, dépasse les rivalités partisanes : il s’agit de refonder la gouvernance sur des bases démocratiques solides et respectueuses de l’État de droit.

Revenant sur son parcours, marqué par deux ans et demi de détention avant sa libération en février 2025, Jean-Marc Kabund a revendiqué une rupture cohérente avec les pratiques qu’il a combattues. Il affirme s’être retiré du pouvoir dès lors qu’il a constaté l’écart entre les idéaux portés par le combat démocratique et la réalité de la gouvernance.

Face aux accusations de rapprochement avec l’ancien président Joseph Kabila, il a dénoncé « des tentatives de diversion » visant à détourner le débat des véritables enjeux nationaux. « Le problème du Congo n’est pas une querelle entre individus, mais une question de gouvernance et d’avenir collectif », a-t-il martelé.

Pour le Président de la CGC, aucune réconciliation politique durable ne sera possible sans un changement profond des méthodes de gestion de l’État. Tant que la gouvernance ne sera pas réorientée vers la transparence, la démocratie et le respect des principes constitutionnels, la crise continuera d’alimenter instabilité et frustrations.

La Fédération Diaspora France réaffirme son soutien à toute initiative politique inclusive visant à restaurer l’autorité de l’État, garantir la souveraineté nationale et engager la République démocratique du Congo sur la voie d’une paix durable et d’une véritable alternance démocratique.

Jeanpie M.LIKONZI

ACh Diaspora France